Interview de Laurette, étudiante et plasticienne

par | 16/05/2022 | Interviews de pros, Métiers, Orientation jeunes

Découvrir le métier d’artiste plasticienne

Cette semaine, Laurette étudiante en Master et plasticienne s’est prêtée au jeu de notre interview. Un plasticien est un artiste ou créateur ayant pour média d’expression artistique des techniques ou des supports matériels variés, dits « plastiques ». Ce terme, apparu au XXe siècle, est lié à la pratique des arts plastiques.

Quelle formation pour être artiste plasticienne ?

Salut Laurette, l’art plastique c’est un milieu assez peu connu, peux-tu nous décrire ton parcours et les études que tu fais actuellement ?

Actuellement, je suis en dernière année de Master mention Arts plastiques parcours pratiques plastiques contemporaines. Avant ce master j’ai effectué une licence mention arts plastiques à l’université de Metz. Actuellement, je poursuis mes études à Montpellier, il y a plus de soleil dans le sud ! J’ai aussi fait un baccalauréat STD2A* à Chaumont en Haute-Marne juste après le collège. 

En ce moment, je suis en train d’écrire mon mémoire car je fais un master recherche, nous sommes en mai et j’ai fini les cours, il ne me reste plus que le mémoire à terminer. Je travaille sur le lien social, les histoires de cartes et des lieux. 

En parallèle de mes études, je travaille tous les étés depuis 4 ans au café de Villegusien-le-lac, le village de mon enfance. Je prends aussi des commandes personnelles pour des projets artistiques comme des fresques par exemple. Aujourd’hui la priorité c’est le mémoire même si j’essaye de terminer les commandes que l’on m’a demandé. 

J’ai commencé à prendre des commandes artistiques après mon bac. J’ai la chance que mes parents me soutiennent financièrement dans le cadre de mes études ! 

Aujourd’hui, même si je suis encore étudiante, je me considère totalement comme plasticienne.

Je tiens aussi à ajouter que je ne me considère pas comme artiste. Je trouve qu’il y a une certaine prétention autour de ce statut et une certaine responsabilité de ne jamais se tromper et de toujours bien faire. Après cela reste ma vision très personnelle d’un artiste. 

Qu’est-ce qui t’as donné envie de suivre cette formation ? (Une matière en particulier à l’école, un stage effectué, un prof…) 

En vérité, je n’ai jamais eu de réel déclic car d’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours apprécié dessiner. L’école c’était pas trop mon truc, sauf l’art plastique, alors, je me mettais à fond dans cette matière. Ma professeur d’art plastique au collège m’a ensuite conseillé de faire un bac STD2A, je ne connaissais pas du tout et c’est elle qui m’a guidé dans cette voie. Je n’ai pas de regrets d’avoir suivi cette formation même si avec le temps et l’expérience, je me suis rapidement rendue compte que je préférais l’art plastique** aux arts appliqués***.  

Quels préjugés sur le métier d’artiste plasticienne ?

Quels sont les préjugés que tu entends souvent sur la formation ou le métier de plasticien ? 

Souvent, les personnes qui apprennent que je poursuis des études d’arts plastiques me posent toujours des questions très vastes sur l’art comme si j’avais réponse à tout. On me demande souvent “qu’est-ce que c’est l’art ?” alors que c’est plutôt une question très philosophique qu’on se pose depuis des siècles, ce n’est pas moi qui vais avoir la réponse ! Au début de mes études, j’étais assez stressée de ne pas pouvoir répondre à ces questions mais j’ai vite compris que ce n’était pas grave, de toute façon, personne ne sait y répondre, même les plus grands artistes ! 

Le deuxième cliché que j’entends souvent c’est que les personnes dans ce milieu sont souvent un peu “perchées”, dans leur monde avec leur propre délire. On a souvent cette vision là alors que dans une classe tout le monde sera différent, il y a autant de personnes très terre à terre que des personnes rêveuses. Il faut savoir rester soi-même, peu importe ce qu’il se passe dans ta tête, l’art c’est vraiment pour tout le monde ! 

Le dernier cliché que j’ai beaucoup entendu au lycée c’était que ceux qui faisaient de l’art plastique étaient des flemmards. C’est totalement faux, même au lycée on avait beaucoup de projets à rendre, on travaillait énormément. J’ai également retrouvé ce cliché en licence. Beaucoup se sont inscrits en pensant que l’art plastique c’était facile, il suffisait juste de dessiner pour avoir des bonnes notes. En vérité c’est très dur et très sérieux, on a aussi de très gros projets à faire. 

Quels débouchés pour le métier d’artiste plasticienne ?

Aurais-tu aimé faire un autre métier / suivre d’autres études ? Si oui, lesquelles ?

Je pense que si ma professeur ne m’avait pas conseillé le baccalauréat en art appliqué (car je connaissais pas cette formation), je n’aurais pas été capable de faire un baccalauréat général. J’aurais sans doute fait une formation professionnelle en menuiserie car j’aime beaucoup travailler dans le bois. Mais je n’ai aucun regret d’avoir fait art appliqué, la menuiserie, ça aurait été un peu ma voie de garage.

Se lancer seule en tant que plasticienne en étant jeune, ce n’est pas trop difficile ? 

C’est une question que je n’arrête pas de me poser ! Je finis bientôt mes études et c’est vrai que je réfléchis beaucoup à la suite de mon parcours. J’adorerai que plasticienne soit mon métier mais je pense qu’il faut déjà se faire connaître dans le milieu et avoir une réputation pour pouvoir vendre ses oeuvres et être rémunéré.C’est très aléatoire comme métier, soit ça fonctionne, soit ça ne fonctionne pas, du moins pour le moment. Le master de recherche que j’effectue amène a peu de débouchés. On peut devenir galeriste ou commissaire d’exposition mais souvent il faut déjà une certaine  notoriété et avoir fait des formations complémentaires. 

Effectivement, ça n’a pas l’air aussi simple ! As-tu des projets pour la suite ?

Oui, j’ai candidaté pour effectuer un autre master un peu plus professionnalisant car je n’ai pour le moment pas vraiment d’expérience professionnelle, je n’ai jamais fait de stages, par exemple. C’est un master en gestion de projet culturel. Ce master pourrait m’amener à travailler sur des projets comme gérer une équipe de décoration d’un festival ou d’un établissement culturel ou encore organiser des expositions. En plus de ça, ça rassure aussi mes parents ! Je ne souhaite pas perdre ma pratique artistique et je continuerai de créer et dessiner à côté, cela reste quand même mon véritable projet que de devenir plasticienne à temps complet !

Laurette, Romeo, 2018.

Que dirais-tu à un parent qui s’inquiète de voir que son enfant veut faire un métier artistique et à peur qu’il ait un avenir incertain ?

J’ai envie de lui dire que le milieu culturel est un milieu très vaste où beaucoup de métiers sont possibles et où il y a finalement beaucoup de débouchés. Faire une licence d’art plastique ne veut pas dire que l’on va forcément devenir artiste. J’ai des amis de licence qui veulent être galeriste, commissaire d’exposition, professeur d’art plastique ou travailler en animation de jeux vidéo. 

C’est en entrant dans les études supérieures que l’on va vraiment découvrir le milieu de la culture et tous les métiers qui englobent ce secteur. 

Les points positifs et négatifs sur le métier d’artiste plasticienne

Quels seraient pour toi les points positifs et les points négatifs du métier de plasticien.ne ?

Les points positifs c’est qu’on est très autonome ! On décide de ce qu’on veut faire et de nos horaires. Malgré cela, ça demande beaucoup de travail, il faut toujours bosser et être motivé.e pour ne jamais laisser tomber.

Le côté négatif c’est que c’est assez aléatoire au niveau du salaire, on ne sait pas combien on touchera d’argent par moi, c’est surtout en fonction des œuvres que l’on va vendre. Au début c’est difficile de s’évaluer soi-même et de donner le prix juste de ce que l’on produit. 

Tu voulais faire quoi comme métier quand tu étais enfant ?

J’ai voulu faire plein de métiers différents ! Pâtissière, puéricultrice, avocate… Mais à chaque fois je voulais rajouter une dimension artistique à ces métiers là car j’adorais dessiner. Je savais que je voulais travailler dans le domaine de l’art mais je ne connaissais pas encore les débouchés, ça restait très flou dans ma tête. 

Quelle serait ta première mesure en tant que présidente de la République ?

J’ai envie de donner une mesure sérieuse parce que je trouve qu’aujourd’hui la culture est beaucoup mise de côté, on en a très peu parlé lors des campagnes présidentielles. Ma mesure serait de développer la culture dans les campagnes pour que tout le monde y ait accès et que ce ne soit pas uniquement réservé aux grosses villes ou à Paris. Tout le monde peut développer son côté artistique et s’intéresser à la culture.

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*Le baccalauréat STD2A (Sciences et Technologies du Design et des Arts Appliquées) s’adresse aux élèves intéressé.es par les métiers du design ou des métiers d’art.

Les enseignements en classes de première et terminale font suite à l’enseignement optionnel technologique de seconde de création et culture design. Cette série développe chez les élèves des compétences d’analyse, de conception, de création et de communication propres au design et aux métiers d’art.

**L’art plastique se rattache surtout aux beaux-arts. L’oeuvre sera le projet propre de l’artiste et est souvent exposée dans un musée ou une galerie 

*** L’art appliqué trouve sa place dans le domaine du commerce ou de l’industrie et sont souvent à l’origine d’une commande par une entreprise. Les professionnel.les des arts appliqués travaillent sur des produits, des espaces, des flyers… A la différence des arts plastiques, les créations d’arts appliqués sont souvent sujettes à être commercialisées.

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